Maman solo de jumeaux grands prématurés : épuisement, solitude, culpabilité. Voici comment l'énergétique et la spiritualité m'ont aidée à me reconstruire.
- voyageinterieursoi
- 15 avr.
- 15 min de lecture
Ce que j’ai traversé m’a brisée…
...et pourtant, c’est ce qui m’a révélée.

Je partage cette période de ma vie avec vous, pour que vous puissiez comprendre la personne que je suis aujourd'hui, mon parcours de maman solo à thérapeute énergétique.
De résilience et de transformation intérieure.
Je souhaite préciser avant, que je ne veux blâmer personne.
Chacun a tenu un rôle dans mon parcours de vie pour une bonne raison.
Je remercie d'ailleurs toutes les personnes qui m'ont brisée, car grâce à elle.
Je suis devenue celle que je suis aujourd'hui.
Cet article n'est pas une plainte, et n'est pas présent ici pour me faire plaindre...
LA RENCONTRE
Un soir, il y a 4 ans, lors d'un dîner chez une amie, j'ai rencontré une amie d'enfance à elle.
Elle parlait de son travail avec amour et passion.
Elle parlait de libération, de ce qu'elle voyait et faisait dans l'invisible, de médiumnité, de soins énergétiques, d'accompagnement...
Mes enfants étaient encore tout petits à cette période. Ils avaient 2 ans.
C'était très difficile pour moi...
MON HISTOIRE...
Ils sont nés à 6 mois de grossesse, par césarienne en urgence.
Leur père était retourné chez sa mère 15j avant.
Il avait préféré me quitter, se sentant incapable d'être gentil avec moi et de me soutenir pendant ma grossesse.
J'avais fait un FIV car il ne pouvait pas concevoir naturellement.
Un jour, j'ai eu des contractions non stop pendant 24h.
Mes parents étaient en voyage, mes sœurs et amies absentes, ou dans l'impossibilité de m'accompagner à l'hôpital, j'ai prévenu leur père de mes contractions.
Il m'a suggéré d'appeler les pompiers et de le tenir au courant...
Ce que j'ai fini par faire puisque j'étais littéralement seule à ce moment-là.
---> L'HOSPITALISATION
4j après cette 3 ème hospitalisation pour menace d'accouchement prématuré, j'ai perdu les eaux en service.
Consciente du danger que cette prématurité représentait pour mes fils, j'ai pleuré de panique.
De très mauvaise humeur depuis le début de la nuit, et agacée du fait que la morphine ne calmait pas ma douleur causée par une dilatation de l'uretère (causée elle-même par le poids des bébés et du liquide amniotique), la soignante me dit violemment que ce n'est pas la peine de pleurer, que cela n'allait rien arranger...
J'appelle mes parents qui arrivent assez rapidement, renvoyés chez eux par l'autre soignante quelques temps après puisque, d'après elle, l'accouchement ne se ferait pas de suite.
Cela pouvait être qu'une fissure de la poche...
J'avais perdu tellement de liquide que je savais que ce n'était pas le cas...
J'ai été réveillée tôt dans la matinée par des douleurs de contractions.
Habituée à avoir des règles douloureuses, et vu l'humeur de la soignante durant la nuit, j'attends de ne plus en pouvoir avant de l'appeler.
Toujours agacée, elle me sermonne d'avoir trop attendu pour l'appeler car une fois la douleur installée, il est difficile de la calmer...
Le temps passe... Elle revient me poser un antalgique.
L'autre soignante revient, je ne me rappelle plus à quel moment.
Je lui dis que j'ai envie de faire pipi.
Elle me donne le bassin...
Entre mon gros ventre monitoré et la douleur, impossible de le placer, seule, en dessous de mes fesses.
Cette fois-ci, c'est moi qui m'agace et je le jette au bout du lit.
Je leur demande si je peux me lever pour aller aux toilettes.
On me l'interdit car c'est trop risqué.
Puis, je suis de nouveau seule dans la chambre.
Je ne sais pas ce qu'il en est de mes contractions en dehors des douleurs ni ce qui est prévu pour moi.
Personne ne me dit rien...
J'ai toujours envie de faire pipi.
Tout le monde s'en fout.
Et aucun médecin ne vient.
Je ne sais pas combien de minutes passent, ni ce que je dois faire.
Ma mémoire me fait défaut par rapport à toute cette période.
Un mécanisme de défense probable...
Puis, on vient me chercher.
Je ne sais pas où je vais...
J'arrive dans une salle où il y a beaucoup de personnel soignant.
Une soignante me souffle à l'oreille que c'est elle qui m'avait reçu quand j'avais été emmenée par les pompiers et que je suis très courageuse.
Cela m'a touchée, un peu de douceur et d'humanité dans tout ce que je vivais.
Et, en même temps, je me demandais...
Est-ce réellement du courage si je n'ai pas le choix?
Le médecin explore mon utérus avec un échographe. Celui qu'on rentre dans le vagin.
Je lui explique que j'ai un pessaire (matériel prévu pour limiter la pesanteur dans le col).
Il plonge sa main pour l'enlever, ça fait mal.
Il retourne explorer mon utérus.
Je le préviens que s'il continue, vu que je n'ai pas pu uriner en service, ma vessie va finir par exploser.
On me sonde...
Il retourne explorer...
Mes fils sont en position transverse, comme depuis le début de ma grossesse.
Césarienne en urgence.
Tout se met en place...
Devant l'agitation qui s'installe autour de moi, et le peu de communication, je demande à une soignante de la salle où je suis, de prendre mon téléphone et d'appeler mes parents.
Personne ne s'inquiétait de savoir si j'avais pu prévenir qui que ce soit et si j'allais vivre ce moment sans proche à mes côtés.
J'étais seule. Dans ma tête, dans mon cœur, et dans cette pièce.
Tout allait très vite...
Du monde défilait autour de moi et s'agitait. j'avais terriblement mal.
Je n'ai plus aucune notion du temps, ni réellement d'où je suis.
Je sais que je suis en salle d'accouchement. Ou bien au bloc?
Mais ma mémoire a gardé une vision limitée de ce que j'ai pu vivre.
Je n'ai plus la mémoire des visages que j'ai pu apercevoir, des personnes qui m'ont parlé.
Je ne me rappelle de presque rien, si ce n'est de la gentillesse et de la douceur de la soignante qui m'a accompagnée à défaut du papa, d'un membre de la famille ou d'une amie...
---> L'ACCOUCHEMENT
On me fait la rachianesthésie... Elle reste avec moi et me guide lors de mes contractions pour que le médecin enfonce l'aiguille correctement...
Elle me soutient.
Je crois que c'est elle qui m'avait soufflé à l'oreille les mots gentils d'encouragement.
Elle a vraiment été d'une douceur et d'une présence incroyables.
Heureusement qu'elle a été là durant ce parcours...
J'avais personne, mais je l'ai au moins eue, elle, à ce moment-là.
On m'ouvre et on sort mon premier bébé, Noah. Il respire, ouf...
On me le présente.
Je lui fais un bisou et on l'emmène.
Je pleure...
Puis on sort mon deuxième bébé. Léo.
Ma mère arrive à ce moment-là.
Trop tard pour moi... Il y avait eu un accident sur l'autoroute, c'était embouteillé. Pas de bol...
Mais elle est là quand-même, et elle peut voir ses petits-fils.
Mon père attend derrière la porte...
On me présente alors mon deuxième bébé. Un bisou et on l'emmène aussi.
Il paraît moins bien... je pleure...
Je ne vois rien ni ne sait rien de ce qu'il se passe...
Le chirurgien vide mon utérus de tout ce qu'il reste et me referme.
On revient me présenter Noah avec tout son matériel.
Je ne vois presque pas son visage...

Cela semble durer que quelques secondes...
Je n'ai pas pu revoir Léo qui avait besoin de soins...
Puis on m'emmène en salle de surveillance jusqu'à ce que mes jambes retrouvent leur sensibilité.
Je n'ai pas mon téléphone.
Je n'ai pas de nouvelle de mes fils.
Je ne sais rien...
Je bous.
Je tape sur mes jambes, j'essaie de les lever.
C'est mon obsession.
Je dois retrouver ma sensibilité pour pouvoir repartir et voir mes bébés...
On vient régulièrement surveiller et appuyer sur mon bas ventre pour évacuer le sang et tout ce qui doit l'être.
La sensibilité commence à revenir, je bouge et tape mes jambes...
Je finis par remonter en chambre.
Je suis censée manger.
Mais il n'y a toujours pas mes fils...
Entre temps je vois mes parents qui me rendent mon téléphone.
C'est une attente interminable...
On finit par m'emmener les voir.
Ils sont sous une couveuse, avec du matériel partout.
Ils sont minuscules...
Je vois leur petit doigt et je sais que c'est eux.
C'est le même que le mien. Il est tordu.
Comme celui de ma mère et de ma grand-mère.
Notre marque de fabrique.


C'est bien eux.
On les sort, on les pose sur moi.
A eux 2, ils faisaient le poids d'un seul bébé à terme.
Ils ne mesuraient même pas 40cm...
Ce moment...
J'ai enfin mes bébés contre moi.
Je suis submergée d'émotion.
J'ai tellement attendu ce moment...
Je pleure sans m'arrêter.
De joie, d'amour, de soulagement de les sentir enfin contre moi.
De les voir enfin, et d'avoir le temps de les regarder, d'en profiter, de savourer.
Ils sont minuscules et fragiles, mais je ne réalise pas réellement.
Je n'ai plus la notion de la taille d'un bébé né à terme.
Ce moment où l'on devient mère est indescriptible.
Il n'y a pas de mot pour expliquer ce que l'on ressent de rencontrer ses bébés pour la première fois.
De les sentir contre sa poitrine.
Tout change en soi.
A partir de ce moment, plus rien d'autre n'avait d'importance.
C'était eux.
C'était moi pour eux.
Je ferai tout ce qu'il faudra.
Je serai tout ce qu'il leur faut.
Je les protègerai envers et contre tout.
Je ferai tout ce que je peux.
Peu importe. Je tiendrai.
On me les reprend.
On les remet en couveuse.
Ils vont devoir partir....
Une séparation atroce.
Ils partent en SAMU... sans moi... il n'y a pas de place pour moi à la conception.

Par "chance", une amie était également hospitalisée pour menace d'accouchement prématuré également.
J'ai pu passer la soirée avec elle.
Ca m'a fait du bien.
Une nuit tout de même horrible, loin de mes enfants si petits, si fragiles...
---> LES 2 MOIS D'HOSPITALISATION - EN REANIMATION ET SOINS INTENSIF A MARSEILLE
Le lendemain j'arrive à Marseille devant l'hôpital.
Je suis seule dans un premier temps et je suis pressée de les voir.
Je porte alors mes bagages seule, mais j'oublie ma césarienne.
Je m'éventre, ça pique...
Ma soeur et mon beau frère arrive.
Je vais vite voir mes bébés... enfin...
C'était une évidence de tenir ces 2 mois d'hôpital.
De marcher 5 km par jour dans Marseille pour aller les voir avec une césarienne.
Heureusement que ma sœur y habite et que j'ai pu loger chez elle, car à la conception, en réa et aux soins intensifs, il n'y a pas de lit prévu pour que les parents restent avec leurs enfants.
L'angoisse de devoir partir et les laisser tous les soirs...
Je mettais le réveil toutes les nuits pour tirer mon lait, j'en profitais pour appeler le service et prendre des nouvelles, inquiète de la réponse à chaque fois.
Un matin j'arrive, Léo a la jaunisse, il est sous lumière bleue.

Je craque de le voir sous cet attirail supplémentaire... si petits, si fragiles, avec autant de fil, de machines, de bruits, de traitements.
C'est trop...
Dès qu'une machine sonne j'angoisse.
Je suis infirmière, je connais...
Je suis forte, mais il s'agit là des fruits de mes entrailles...
Je les garde sur moi toute la journée.
Et dès qu'on les pose sur moi, mon corps réagit aussitôt.
Je pleure plusieurs jours d'affilée à chaque fois qu'on les pose sur ma poitrine, mon lait coule sur eux...
Ils sont trempés. Ils le sentent, ils cherchent et essaient de téter, déjà...
On me déconseille de trop les toucher car, aussi petits, ça peut leur fait mal, ou être désagréable pour eux..
Mais je n'y crois pas, et il est hors de question que je ne puisse pas caresser mes enfants.
Il y a déjà eu tellement de barrière entre eux et moi.
J'ai tellement peu de temps.
J'ai déjà eu tellement de moments brisés, volés.
On m'a volé leur conception, on m'a volé une grossesse heureuse et sereine, on m'a volé la vie de famille que j'avais tant espérée, attendue 31 ans, celle dont j'avais toujours rêvé...
Mon envie ultime.
On m'a volé un accouchement normal, naturel, où j'étais entourée et soutenue.
On m'a volé leurs premiers instants de vie avec eux.
Et eux, tout ce qu'on leur a déjà volé aussi...
On ne nous volera plus rien d'autre...
Ces instants sont les nôtres et je leur donnerai tout l'amour que je pourrai leur donner.
Je restais 6 ou 7h d'affilée en peau à peau avec eux, sans voir le temps passer.
Ils se tenaient la main, sur mon coeur...

Je les regardais sans m'arrêter.
Les heures étaient des secondes...
J'oubliais même de manger.
Ce sont les infirmières qui me le rappelaient.

Je tirais donc mon lait jour et nuit pendant 2 mois jusqu'à ce qu'ils sachent téter...
On ne me volerait pas non plus mon allaitement. J'allaiterai. Jumeaux ou pas.
Alors j'ai tout mis en place pour y parvenir.
Et j'ai réussi.
Pour eux.
Un lait maternel. Le mien.
Le meilleur pour leur santé, leur système immunitaire, leur développement.
Pour notre lien...
Et j'étais shootée à l'amour maternel, aux hormones.
Je ne ressentais que cette force, cette rage d'amour pour eux et ce besoin qu'ils avaient de ma présence à leur côté, de cette dévotion à toute épreuve.
J'aurais déplacé des montagnes.
Personne ne pouvait se mettre en travers de mon chemin.
J'étais pressée de rentrer chez moi avec eux, de vivre ma maternité comme tout le monde.
Seule avec eux, mais au moins plus à l'hôpital.
---> EN NEONATALOGIE A TOULON
De retour à Toulon, j'ai enfin pu être dans la même chambre qu'eux.
Ils sont sortis de la couveuse rapidement.
On les a mis dans un lit à barreaux, ensemble, l'un contre l'autre.



Je restais 23h sur 24.
L'heure où j'étais absente, c'était pour aller voir mes chattes, restées seules chez moi.
Les pauvres...
C'est ma mère qui allait s'occuper d'elles pendant que j'étais à Marseille...
Et elle gardait ma chienne aussi.
Une des soignantes de néonatalogie m'appelait "la maman qui ne dort jamais".
Toujours en alerte, en hypervigilance
Je veillais comme une louve.
Une maman ours.
Le moindre bruit me réveillait.
Je surveillais tout.
Son défi était de rentrer dans la chambre la nuit pour poser la seringue de lait sans me réveiller.
Elle n'a réussi qu'une fois.
Ils prenaient du poids, grandissaient...
J'ai pu les habiller avec des body.
Bien trop grands pour eux au départ, puis...

Puis ils ont suffisamment grandi pour réussir à téter...
On leur a retiré leur sonde naso gastrique.
Le jour de mon anniversaire, j'ai pu les emmener quelques heures en dehors de l'hôpital pour le fêter avec eux, en famille...
Puis, 1 semaine après environ, nous avons pu rentrer chez moi tous les 3...
J'avais tellement hâte...
---> LE RETOUR A LA MAISON A 3
Mais 48h après où je n'ai pratiquement pas dormi, où je n'ai pas pu me laver, où je n'ai presque pas mangé, j'ai déchanté une fois de plus.
Je savais que je n'y arriverai pas...
Dès que je les posais, ils pleuraient.
Ma mère m'a proposé de venir chez eux.
Ce que j'ai dû faire.
A cette époque, c'était un échec pour moi.
Je n'y arrivais pas, alors que j'étais leur mère.
Je n'y arrivais pas.
Je ne pouvais pas tout faire moi-même...
Après tellement d'épreuves et d'attente, de hâte et d'envie...
je n'aurai pas ça non plus...
Je suis restée chez mes parents an et demi.
Un an et demi où je n'ai pus gérer que mes enfants sans pouvoir effectuer d'autres tâches, si ce n'est le jugement pour mes enfants, qui s'est éternisé, avec conclusion sur conclusion, procédure d'appel, nouvelles conclusions...
Cette période a été très difficile.
J'ai eu des moments de profond désespoir, de profonde solitude.
Les nuits ont été hard pendant de longues années, et les journées n'étaient pas plus calmes.
Sans repos régulier, toujours sollicitée, toujours debout et présente car j'étais la seule que mes fils voulaient.
Ils étaient et sont ma responsabilité.
J'étais la maman, je ne pouvais et ne devais compter que sur moi.
C'était mon rôle de mère.
Cela avait été impossible pour moi de laisser le personnel hospitalier s'occuper de mes enfants.
J'étais présente, c'était à moi de faire.
Alors je faisais tout ce que je pouvais et étais autorisée à faire...
Encore aujourd'hui, mes fils restent des enfants très difficiles, avec moi particulièrement.
Ils déchargent en permanence, dès qu'ils sont avec moi.
J'en ai la garde principale. C'est donc quotidien.
Mais dans ce chaos, mon amour et ma force ont toujours été présents.
Même si je craque régulièrement.
Je ne suis pas surnaturelle ni surhumaine.
Mais je tiens quand même. Je dois tenir.
Je les aime tellement.
Mon amour reste mon pilier, ma direction.
L'énergétique et la spiritualité aussi.
Les jours où je déteste la maman que je suis, et il y en a souvent, j'essaie de me dire que je fais de mon mieux, comme je peux, avec ce que j'ai.
Et je parle beaucoup avec eux.
Même s'ils m'écoutent peu, parce que eux parlent. Beaucoup beaucoup beaucoup...
Et qu'il leur est difficile de faire une pause pour avoir une discussion...
J'ai la chance qu'ils m'aiment autant malgré mes failles et mes faiblesses que je ne cache jamais devant eux.
Je ne peux d'ailleurs rien leur cacher, je n'ai que très peu d'intimité.
Ils sont là, partout, tout le temps...
J'ai la chance qu'au milieu de ces cris, ces maladresses, ces erreurs, et la manière dont je me vois avec eux; ils me voient comme la meilleure des mamans.
Je leur ai tout donné. Et je crois qu'ils le savent...
Et qu'ils en profitent...
Leur père n'est pas venu les voir pendant 15 mois car j'étais chez mes parents.
Comme beaucoup de mamans seules avec leur(s) enfant(s), j'ai culpabilisé d'avoir choisi ce père défaillant, absent et peu investi dans leur quotidien.
J'ai alors donné tout ce que je pouvais, tout ce que j'avais, pensant combler cette absence.
J'ai voulu adoucir cette arrivée et ce voyage si cruels dans mon ventre, déjà empreint de deuils, de solitude, de larmes, de souffrances...
Une grossesse courte mais intensément mal vécue dans tous les sens du terme par moi.
Et probablement par eux aussi puisqu'ils en sont sortis 3 mois avant leur terme...
Leur venue au monde n'a pas été un cadeau non plus, mais plutôt un combat.
Déjà si petits, si fragiles, à devoir lutter pour leur survie, dans un environnement si stressant...
Je me disais qu'ils n'avaient déjà tellement pas de chance...
Même s'ils avaient eu celle de n'avoir aucune complication à leur naissance, aucun problème de santé lié à leur grande prématurité.
Ils ont eu un parcours et un développement exceptionnels.
J'ai voulu que mon amour et ma présence suffisent à les rassurer et à les aider à ne pas en garder trop de traces, trop de traumatismes...
Je voulais leur offrir ce qu'ils méritaient.
Et que même si j'étais seule, ils auraient autant que s'ils avaient un père auprès d'eux au quotidien.
Ils auraient quand même cette famille dont on a tous besoin.
Je voulais qu'il ne leur arrive plus jamais rien de mal, de mauvais.
Je savais pourtant qu'on ne contrôle pas ce que la vie doit nous enseigner.
Moi-même toujours en train de lutter...
Mais à l'époque, je ne savais pas encore que l'on choisissait son incarnation avec les épreuves qu'elle implique.
Je ne savais pas qu'on choisissait chaque personne que l'on rencontrait, et d'autant plus celles qui nous dévastent...
Tout ça par amour pour nous et pour l'autre.
Pour l'évolution de notre âme qui ne peut expérimenter que dans la matière.
Je ne savais pas que chaque blessure que l'on s'inflige est soigneusement choisie...
Et avoir des bébés aux besoins intenses est épuisant.
Tout donner tout le temps, sans repos, sur la longueur est inhumain.
J'étais même physiquement accaparée car ils voulaient être sur moi, contre moi, avec moi tout le temps.
Ce que je comprenais, mais que je vivais tout de même difficilement.
Des bébés intenses, aux besoins intenses.
Des cris, des pleurs, des sollicitations et des besoins incessants.
Ils bougeaient, gigotaient toute la journée, peu de siestes ou des très courtes. Pareil pour les nuits.
Je devais régulièrement les sortir dans la nature pour qu'ils s'épanouissent et apprennent à marcher sans danger, l'herbe étant un bon tapis naturel...
Ils couraient même avant de marcher.
Et aujourd'hui, ils courent toujours, même au réveil...
Ma fatigue était plus nerveuse que physique.
Et quand je regardais autour de moi, dans les parc ou ailleurs, les familles entières me brisaient le coeur.
Et eux, avec leurs enfants, ça n'avait pas l'air si difficile ...
Alors dans ma tête ça fusait:
Est-ce que c'est moi qui fais mal? Qui ne sais pas m'y prendre?
Est-ce que je fais assez?
Suis-je une mauvaise mère?
Pourquoi je ne vis pas les choses comme les autres?
J'aimais et j'aime mes enfants plus que tout, plus que moi-même.
Mais ma maternité n'était pas celle à laquelle je m'attendais.
Elle ne me rendait pas heureuse ni épanouie comme je l'avais imaginée.
Je culpabilisais de tout, pour tout.
J'avais l'impression que tout était de ma faute, et à la fois, j'en voulais aussi à mes enfants d'être si durs avec moi, de me faire vivre des choses telles, que ça me donnait l'impression de ruiner notre lien.
Je ne comprenais pas pourquoi ils voulaient encore et toujours plus, alors que je donnais déjà tout ce que j'avais.
Je ne comprenais pas ce qu'il attendaient de moi, alors que je vivais pour eux.
LA TRANFORMATION
Alors quand j'ai entendu l'amie de mon amie parler, j'ai eu envie d'aller la voir.
J'ai pris rdv, et nous avons fait un soin, puis un accompagnement.
Des enseignements sacrés, spirituels.
Depuis, elle est mon amie.
Ça fait 4 ans.
C'est une soeur d'âme.
Elle m'a guidée et m'a appris que j'avais tout en moi, et comment me servir de ces ressources.
Le travail fait ensemble m'a menée à la découverte de l'énergétique, plus en profondeur.
À une spiritualité, à une vision et une compréhension des choses différentes, à mon chemin de guérison et de vie.
C'était le début de quelque chose.
La lumière dans ce tunnel sans fin.

J'ai médité, cheminé, étudié, cherché.
On évolue toute sa vie, on apprend toute sa vie.
J'apprends et j'apprendrai toujours.
Mais je suis prête aujourd'hui à aider à mon tour, riche de mon expérience.
Et ce, malgré mon quotidien toujours difficile et combatif.
Malgré ma vie avec des yamakasi et non des enfants de 6 ans...
C'est ce vécu et cette vie-là qui me rendent capable de comprendre mieux que personne ce qu'une femme et une maman peuvent traverser.
Je l'ai vécu, seule à 99% du temps.
Parfois par choix, et à d'autres moments parce que la vie m'a obligée à l'être.
Je serai donc là sans jugement, avec toute mon écoute, mon empathie, mon amour et ma force.
Avec humanité et sororité.
Et je ferai tout ce que je peux pour lui offrir une pause pour respirer et prendre le temps de revenir et penser à elle.
La société n'est pas faite pour qu'un humain y vive épanoui.
Le rythme que nous menons n'est pas celui qui convient à notre corps, ni à notre esprit.
Il est donc impossible de nous y adapter en nous y sentant bien de manière globale.
Mais les choses sont en train de bouger.
Le monde est en train de changer.
Ça viendra...
Et en attendant, faisant partie des thérapeutes de ce monde en devenir, je veux et choisis d'être là pour offrir un moment de paix, de libération, d'harmonie, de rééquilibrage, d'amour et de douceur, pour que chacun puisse avancer, plus aligné dans sa vie.

Libéré, rechargé, l'esprit plus clair, plus proche de son chemin de vie.
Cette partie de ma vie, je l'ai partagée pour que vous compreniez qu'on peut tous vivre des moments difficiles, et que c'est ok.
C'est même normal...
Dites-vous que le soleil vient toujours après la pluie, et que vous n'êtes pas seuls.
Cherchez les personnes ressources autour de vous.
Celles avec lesquelles, c'est fluide.
Avec lesquelles vous vous sentez en harmonie.
Et écoutez-vous.
Surtout vous les mamans.
Ecoutez-vous.
J'ai toujours écouté mon instinct de mère.
Même perdue et désespérée.
Et malgré ce que l'on croit et ce que l'on pense de nous à certains moments, on sait mieux que personne ce dont nos enfants ont besoin.
Mais écoutez-vous vous aussi.
N'allez pas au point de rupture.
Prenez du temps pour vous ressourcer, vous recharger.
Et remerciez-vous de le faire.
Votre enfant vous remerciera également.



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